La coloration chimique, le paradoxe d’une coiffeuse engagée
Quand la coloration nous aide simplement à nous sentir mieux ?
Le paradoxe d’une coiffeuse engagée
Je suis coiffeuse.
Et il y a plusieurs années, j’ai fait le choix d’arrêter la coloration.
Un choix lié :
- à l’écologie,
- à la pollution,
- à la santé,
- et à ma vision de la coiffure.
Parce qu’au fil du temps, je ne pouvais plus ignorer :
- l’odeur chimique,
- les yeux qui piquent,
- les allergies sur les mains des coiffeurs,
- les produits rincés dans l’eau,
- et cette sensation permanente de travailler avec quelque chose qui n’était pas anodin.
J’ai aussi réfléchi à la coloration végétale.
Mais pour des raisons très personnelles, elle ne me convenait pas dans ma façon de travailler :
- temps de pose plus longs,
- coût plus élevé,
- résultats parfois instables,
- et une évolution dans le temps qui ne correspondait pas à ce que je recherchais.
Alors j’ai arrêté.
Puis un jour, le miroir change
Pendant plusieurs années, cela m’a convenu.
Et puis il y a des périodes dans la vie où le regard que l’on porte sur soi change.
La fatigue.
Le corps qui change.
La quarantaine qui approche.
Les premières rides.
Le visage plus marqué.
Et un jour, sans forcément s’être déjà trouvée “belle”, on se sent simplement… moins bien.
C’est exactement ce que j’ai traversé.
Mes cheveux noirs naturels me semblaient devenus trop durs avec mes traits.
Alors j’ai eu envie d’éclaircir.
Et pour cela, je suis retournée vers la coloration chimique.
Quand les convictions rencontrent la réalité humaine
Et là, quelque chose d’étrange se produit.
Toutes les connaissances acquises pendant des années sur :
- l’impact environnemental,
- la toxicité,
- les réactions allergiques,
- ou la pollution…
passent presque au second plan.
Parce qu’à cet instant précis, on ne réfléchit plus comme une coiffeuse engagée.
On réfléchit comme une personne qui veut simplement se sentir un peu mieux dans sa peau.
Un produit nocif… qui peut pourtant soulager
C’est là tout le paradoxe.
Oui, la coloration chimique pollue.
Oui, elle peut être agressive pour le corps et l’environnement.
Et pourtant, ce même produit peut parfois :
- redonner confiance,
- adoucir un regard sur soi,
- accompagner une période difficile,
- ou simplement soulager le reflet dans le miroir.
Est-ce superficiel ?
Peut-être parfois.
Mais est-ce forcément illégitime ?
Je ne crois pas.
L’écologie ne devrait pas devenir une punition
Aujourd’hui, nous vivons dans une société où l’on nous demande sans cesse :
- de mieux consommer,
- de faire attention,
- de réduire,
- de culpabiliser.
Et parfois, à force de vouloir tout faire parfaitement, on oublie simplement l’humain.
Je pense qu’il faut aussi laisser une place :
- aux failles,
- aux contradictions,
- aux moments de faiblesse,
- et aux besoins émotionnels.
Et si la réponse était finalement dans l’équilibre ?
Peut-être qu’être cohérent ne veut pas dire être parfait.
Peut-être qu’on peut :
- avoir des convictions écologiques,
- connaître les impacts de certains produits,
- et malgré tout ressentir parfois le besoin d’y revenir.
Non pas par ignorance.
Mais parce qu’on est humain.
Et si, à un moment de sa vie, une coloration peut aider quelqu’un à traverser un cap, retrouver un peu d’estime de soi ou simplement respirer un peu mieux devant son miroir…
alors peut-être qu’il faut aussi accepter cette réalité-là, sans honte et sans jugement.

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